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Ma madeleine de Proust

Pour les besoins d’un reportage avec mes amis de la tablette Qooq, je devais imaginer une nouvelle recette.
De divagations en réflexion, m’est venu à l’esprit le fameux extrait d’ « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Je me suis demandé quel aliment ou quel plat me replongerait dans cette nostalgie du temps passé.

Alors, je me suis mise à écrire, griffonner, dessiner pour accoucher de ce curieux dessert…Ainsi est née Ma Madeleine de Proust.

 

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Il y a comme cela des saveurs qui vous transportent, qui vous réconfortent. Des saveurs refuges.
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Je me souviens des premières gorgées de thé vert, avalées dès le levé du soleil,
les yeux perdus dans l’immensité de la ville qui s’offrait à moi, dans la moiteur cet été japonais 2008.

 

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Je me souviens aussi du sucré intense des « Yokan« 


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des « Mochi »

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De la pâte de haricots « azuki ».

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Des textures pâteuses, gluantes, collantes mais délicieuses car synonyme de découverte, de surprise et d’envies assouvies.
De ces textures, saveurs et odeurs est née cette madeleine, comme un condensé de toutes mes expériences gustatives et souvenirs nippons.
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Ce dessert reprend l’un des ingrédient principaux du yokan : l’agar-agar. Il va apporter l’aspect gélifié, ferme et cassant, typique de cette douceur japonaise. On pourrait, certes, comparer le yokan à un bête bloc de gelée, de savon, que sais-je encore. Je vous suggère pourtant de tenter l’expérience : même si nos palets européens sont peu habitués à ce genre de texture, c’est finalement une sensation assez agréable en bouche.
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La base est donc composée d’une gelée de thé vert léger et non sucré.

 

Le coeur est formé avec un moule à madeleine en silicone, alors que la gelée n’est pas encore prise, de sorte que la madeleine apparaisse en creux, une fois l’ensemble refroidit.


On coule ensuite un mélange de lait de coco très sucré agrémenté des graines de sésames noires qui apportent de la mâche, et d’agar-agar pour que l’ensemble fige.

Le dessert se consomme froid, mais pas glacé. La saveur du thé vert est subtile et risquerait de passer inaperçue.

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Lors de la dégustation, on prend à chaque cuillère un peu de gelée de thé vert et un peu de lait de coco solidifié.

Fermez les yeux, il est 5h30 à Tokyo, au-delà des grattes-ciel, le soleil apparait à l’horizon. Ce matin ce sera le Marché aux poissons de Tsukiji,

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dégustation de sashimi de thon à 8h du mat’

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puis le grand bouddha à Kamakura et quelques brasses dans le Pacifique

…si vous n’y êtes pas encore, moi j’y suis déjà.

Et c’est promis, je reviens.

Bonheur culinaire

De mon voyage à Kyoto, l’été dernier, j’ai rapporté un superbe couteau (manche en cerisier et corne, lame damassée et signée…).

Néophyte en coutellerie nipponne, mon choix s’était alors porté sur ce modèle polyvalent, destiné à la découpe des légumes, des viandes et des poissons, pas trop gros quand même les poissons.

Or, comme c’est souvent le cas avec mes nouvelles acquisitions, des mois se sont passés avant que je ne me décide enfin à le sortir de son étui.

Et là, c’est comme si je n’avais jamais utilisé de couteau auparavant…La lame fine et tranchante comme un rasoir, permet de réaliser des lamelles extrêmement minces et régulières, au point que je me mette à trancher tout ce qui me passe sous la main, mes doigts y compris …

 

 

Avec cet ustensile magique, tout me parait beaucoup plus accessible: bar en portefeuille et brunoise de carotte calibrée au millimètre deviennent ( presque) un jeu d’enfant. De quoi se consoler le temps d’une recette: c’est vrai,  je ne suis pas une pro de la 3D, ni du stationnement en épi  mais je cisèle l’échalote comme personne !

Oui, il faut parfois bien peu de chose pour combler une femme…